La grande surprise de cette recherche a certainement été jusqu’ici la très grande familiarité des personnes âgées avec les TIC. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, elles utilisent le courriel au moins autant que leurs enfants et leurs petits-enfants, elles lisent les grands titres, échangent des photos, elles font même des transactions bancaires et du chat avec MSN à une beaucoup plus grande échelle que ça à quoi on aurait pu s’attendre. Si l’échange de diaporama semble en mécontenter plus d’un en raison de la quantité d’espace qu’ils peuvent occuper dans leur boîte de courriel, l’échange de photo, d’autres en revanche avouent apprécier au plus haut point la possibilité d’échanger avec des amis à l’étranger. Une activité pratiquement incontournable semble aussi être la photo numérique qu’on archive et qu’on classe, qu’on modifie et qu’on aime échanger avec la famille ou des amis. Quelques-uns passent aussi beaucoup de temps à scanner leur album de famille, une activité qui n’est assurément pas éloignée de celle d’autres participants qui profitent de leur retraite pour faire de la recherche généalogique à partir de toutes les ressources en ligne qu’on peut trouver.
De toutes les pratiques technologiques, celle qui semble la plus répandue semble être celle qu’on pourrait nommer le « rituel du matin » et qui consiste à ouvrir son ordinateur dès le lever pour consulter ses courriels et ses sites favoris en déjeunant ou avant. Cette pratique, vraisemblablement en concurrence avec celle de la lecture du journal, semble véritablement en voie de la supplanter. Une grande préoccupation au sujet des échanges technologiques semble aussi être la qualité de la langue écrite. Plus d’un ont fustigé l’orthographe bâclée du chat, d’autres ont avoué préférer écrire plutôt que de téléphoner pour maintenir un niveau de langage et une qualité d’argumentation soutenus.
Là-dessus, les réponses diffèrent. Plusieurs avouent l’utiliser pour « se tenir au courant », pour « ne pas manquer le train », pour ne pas se sentir dépassés par leur époque. En fait, le terme « technologies » pourrait s’apparenter au rejet du terme « aîné ». Une participante a même confié s’être trouvée des amis de partout dans le monde sur Internet après avoir été déprimée par les quelques soirées de danse en ligne auxquelles elle avait participée.
Une des voies d’analyse intéressantes que font apparaître ces données préliminaires concerne la place qu’occupent les technologies dans la transition qui s’opère entre le travail et la retraite. En effet, plusieurs ont été initiés aux TIC dans le cadre de leurs fonctions professionnelles, et une fois à la retraite, ils utilisent cette connaissance pour se réapproprier leur outil de travail en outil de socialisation.
Pour connaître la suite du rapport d’étape de la recherche cliquez ici.